samedi 14 mars 2009

mercredi 11 février 2009

Forgetting Sarah Marshall

Une bonne critique m’avait fait télécharger Forgetting Sarah Marshall pourtant le film attendait depuis un certain temps sur mon disque dur car je suis plutôt fâchée avec l’humour des comédies écrites par des hommes à Hollywood. J’ai été très agréablement surprise par celle-ci. J’ai même plusieurs fois éclaté de rire et ce n’est pas peu dire !

Les personnages sont tous attachants d’une façon ou d’une autre, personne n’est méchamment ridiculisé. Ce sont les malentendus, les mensonges que chacun d’entre nous se raconte tout les jours qui nous font rire avec le pauvre Peter, partis à Hawaï pour oublier son ex, une star des séries télé, et qui se retrouve dans le même hôtel qu’elle et son nouveau petit ami rock star. Kristen Bell, de Veronica Mars, est hilarante et Mila Kunis, de That seventies show, adorable. Le film est écrit par Jason Segel qui joue aussi le rôle principal. Un bon moment, léger, sucré comme un Mai Tai un après-midi d'été.



mardi 10 février 2009

Regarder M6 est dangereux pour votre santé mentale !

Hier soir j’ai aperçu du coin de l’oeil une des émissions les plus déprimante de notre PAF. C’était sur M6 et il s’agissait de re-looker deux pauvres victimes consentantes mais surtout totalement incapable de se rendre compte de la bouillie infecte qu’on tentait de leur faire avaler, telles des oies à l'heure du gavage. C’était pire qu’un documentaire sur les programmes de lavage de cerveau de la CIA. J’étais personnellement trop ahurie pour compter le nombre de fois ou les mots “plus féminine” étaient prononcés par les deux vilaines fées qui se prenaient pour les marraines de cendrillon et ressemblaient bien plus à la sorcière de blanche neige ! "Tu ne sera jamais aussi belle, aussi jeune que moi" semblaient elles constamment répéter. Quand je pense que l’une d’elle se permettait de dire qu’il était grand temps que son pauvre cobaye se mette à lire des magasines de mode ! J’aurai bien aimé lui faire savoir qu’il était temps qu’elle se mette à lire autre chose que des magasines de mode la cruchotte ! On se sent tous plus beau quand on sort du coiffeur et tout le monde sait que si on y consacre le temps nécessaire on trouvera le jean idéal : pas de quoi pavoiser les pétasses ça fait pas de vous des prix Nobel ! C’est pas pour autant que la maître nageur va mettre sa ridicule blouse bouffante à la piscine, ou qu’elle auront toutes les deux le temps ou les moyens d’aller chez le coiffeur toutes les deux semaines ! Pour achever de vous donner la nausée, il y a avait même un petit copain qui finissait par lâcher “ouai heu peut-être j’aimerai qu’elle soit plus fémine”, des sales copine qui commentaient en gros qu’elles avaient hontes de sortir avec le mouton noir du groupe, et un maris qui se plaignait que sa femme lui pique ses pulls... Un vrai festival... A aucun moment on ne donnaient aux pauvres victimes l’occasion de dire ce qu’elles aimaient ou qui pouvaient être leur rôle modèle, comment elles s'imaginaient. Non il s’agissait bien d’assener un autoritaire "rentre dans le moule et tu seras heureuse". Regarde un peu comment tu serais si tu étais blindée de tunes, aller bye !

Vous me direz : je l’avais bien cherché et j’avais sans doute mieux à faire que de traîner devant M6 mais quand même on est au 21ème siècle ! J’avais du mal à en croire mes yeux et mes oreilles, je restais, sidérée. Quoi qu’il en soit il m’a été impossible de rester jusqu’au bout, je pense que j'aurais fini par être malade. Je demeure consternée.

Il ne me reste plus qu’à regarder des photos de bébés animaux pour retrouver ma sérénité.


lundi 9 février 2009

The United States of Tara

Showtime a encore réussi à produire une série d’une demi heure drôle, remplie de bons acteurs, qui vous accroche et vous lâche avant que vous ayez eu le temps de vous ennuyer. Après Weeds, Californication, voici The united states of Tara avec pour star Toni Colette et au scénario Diablo Cody.

La réputation de Toni Colette n’est plus à faire. Vous avez peut-être fait sa connaissance dans Muriel’s wedding, il y a quelques années, vous l’avez certainement remarquée dans The Hours ou Little miss sunshine, elle a également joué dans The night listener et In her shoes deux très bons petits films. Les rôles restaient peut-être petits mais elle était à mon avis toujours parfaite, modeste, touchante.

Dans The united states of Tara elle donne toute la mesure de son talent puisqu’elle y interprète plusieurs personnage en un. La série nous raconte en effet l’histoire de Tara qui souffre du syndrome de personnalité multiple. En elle cohabitent Alice, la femme au foyer parfaite, T. l’adolescente et Buck un homme. Tara est mariée et elle a deux enfants, tous ensembles ils essaient de maintenir une vie de famille cohérente malgré la maladie ce qui évidement n’est pas toujours facile... La série est drôle mais réussis aussi à nous parler plus profondément de la relativité du terme “normal”. Au scénario on retrouve Diablo Cody, auteure oscarisée de Juno, et j’ai retrouvé avec plaisir son talent pour les dialogues et la construction de personnages qui ne sont pas des stéréotypes. Bref, un vrai plaisir qu’il serait dommage de bouder.

dimanche 8 février 2009

Kate Winslet's evil twin

"Kate Winslet talking dirty to Anne Franck and Joseph Goebles, just a... normal day..."


L'une des meilleures actrices de la galaxie se lâche chez Ricky Gervais...


vendredi 6 février 2009

Joss Whedon et Eliza Dushku réussiront-ils à faire renaître la magie ?

La Fox diffusera le 13 Février le premier épisode de Dollhouse la nouvelle série du créateur de Buffy. Comme star il a choisi la mémorable Eliza Dushku. Autant dire qu'après six ans d'attente la barre est placée haut.

Contrairement à ce que pourrait laisser sous entendre un précédent article, toutes les actrices ne vous accompagnent pas hors des sentiers battus à la découverte de nouveaux films obscures mais intéressants, loin de là... Certaines, au contraire, vous contraignent à visionner péniblement navet après navet avec le maigre espoir qu’un jour enfin leur carrière va prendre un tour plus réjouissant. Et tel le Junky à la recherche des splendeurs de son premier trip, vous voilà en train de télécharger des sous produits qui ne vous amèneront que de cruelles déceptions. Elisa Dushku appartient... Définitivement, à la seconde catégorie. Le souvenir du douloureux visionnage de Soul Survivor et du pénible Wrong Turn que ne rachetait qu’un débardeur blanc, aurait dû m’empêcher d'espérer quoi que ce soit de The Alphabet Killer mais... Et ne nous attardons pas sur la lourdement répétitive agonie de Tru Calling. Le seul film à s’en sortir dans la catégorie tellement-mauvais-que-ça-en-devient-bon : Bring it on, cultisime dans certains milieux ! Cependant, quelque chose m’empêche encore de croire qu’Eliza Dushku et son talent particulier ne soient pas sortis indemnes de toutes ces catastrophes.

C’est que les choses avaient bien commencées. Pour moi Eliza restera la Faith de Buffy, la touchante adolescente qu’un cruel destin condamna à n’être jamais qu’un ersatz de la blonde qui emmenait le show. Impressionnée par son ainée, cherchant désespérément à lui plaire, Faith explorait les allées sombres du pouvoir dont elle se trouvait investie. Qui n’aurait pas perdu les pédales en s’apercevant que Miss tueuse de vampire, la solaire héroïne de Sunnydale, se découvrait tentée de la suivre sur la voie de la rébellion ? Faith en faisait trop et dépassait les limites mais franchement, est-ce qu’il ne faut pas s’attendre à quelques dérapages quand on donne à une jeune fille de 15 ans le pouvoir, et même le devoir, de tuer ? En un instant abandonnée de tous, Faith avait définitivement choisis le coté obscure mais pour des raisons qu’on pouvait comprendre, sinon excuser. Le plus touchant, pour moi, demeurant cette obsession pour Buffy dont elle n’arrivait jamais à se libérer et qui ne la conduisait inévitablement qu’à se détester elle-même à chaque fois un peu plus. Faith en venait à chercher à se détruire, pire encore à ne rien désirer d’autre que d'être enfin achevée par Buffy elle-même, faute de pouvoir espérer mieux. Joss Whedon n’aime rien de mieux que de nous raconter des histoire de rédemption car seuls ceux qui ont connu la nuit peuvent comprendre la lumière. Avec Dushku il avait trouvé une actrice capable de nous montrer toutes les ambigüités du processus, comment l’amour et la haine peuvent cohabiter dans un même geste, comment la soif d’indépendance et le désir d’être aimée se mélangent dans un même processus. A la fin, Faith avait gagné le droit d’être là, aux cotés de Buffy lors de l'ultime bataille et démontrait ainsi sa fidélité et sa vraie valeur. On avait alors parlé d'un spin of dont elle serait l'héroïne mais le projet était tombé à l'eau.


Vous l’aurez compris, Faith tient une place d'honneur dans le panthéon de mes personnages de série préférés. Vous imaginerez donc mon excitation en apprenant qu’Eliza Dushku serait enfin l'héroïne de Joss Whedon dans sa nouvelle série : “Dollhouse”. Elle y joue Echo, un des agents d’une société privée clandestine qui vous procure ce dont vous avez toujours rêvé, si vous êtes dangereusement egomaniaque ou si vous devez déjouer un complot international, un être humain dont on a effacé la mémoire pour mieux y implanter les qualités nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Après chaque opération, les locataires de “la maison de poupée” subissent une remise à zéro et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Echo commence à s’apercevoir que quelque chose en elle résiste aux répétitifs lavages de cerveau...

Est-ce que l’heure des retrouvailles est enfin arrivée ? Je l’espère car Whedon est un génie et Dushku excelle quand elle joue les personnages intérieurement torturés mais je ne peux m’empêcher de douter. Malheureusement, Whedon est toujours sous contrat avec la Fox coupable d’avoir sacrifié Firefly. Joss a déjà été obligé de modifier son pilot, on peut donc se demander si la chaine qui produit l’ignoble 24 et se permet de censurer House, l’autorisera à exprimer son talent. Quoi qu’il en soit, je pense que vous vous doutez déjà que je serai derrière mon écran le 14 février. Franchement je ne vois pas quel meilleur rendez-vous espérer pour la saint Valentin !

http://www.fox.com/dollhouse/

jeudi 29 janvier 2009

Gay people can make you thin !

Cela pourrait être le slogan de The biggest loser (Le grand perdant sur Teva), un reality-show américain où on élimine chaque semaine celui des concurrents qui a perdu le moins de poids… Sont choisis des sujets très évidement en sur-poids, qu’on isole dans un ranch californien, qu’on met au régime et surtout à qui l’on octroie deux super profs de gym pas officiellement, mais très évidement, homo.

Il y a Bob, musclé mais svelte, adepte du yoga, porté sur la nutrition. Exemple de sérénité, il est apprécié par ceux des concurrents qui cherchent un peu de réconfort pour accompagner les tortures qui leur sont infligées. Bob c'est le bon copain, juste, solide, un modèle d’équilibre.

Et puis il y a Jillian, paquet de muscle sexy avec un ventre qui fait rêver, des épaules rondes comme des aubergines et un moral de guerrière. Elle sa spécialité c'est plutôt l'accouchement psychologique, elle harasse ses élèves dans la salle de gym, leur grimpe littéralement dessus en leur ordonnant de cracher leur tripes tel un sergent des fusiliers marins, jusqu’à ce qu’ils craquent, affrontent leur peur, et retrouvent enfin la confiance en eux qui leur permettra de changer. Que ce soit le vertige, l'impossibilité de parler avec maman ou papa, la peur de l’inconnu ou de la perte de contrôle, Jillian ira jusqu'au cœur du problème, jusqu'à la catharsis, et tout se finira par un hug, des larmes et des quasi déclarations d’amour éternel. Jillian c'est le gourou, elle prend le pouvoir dans votre tête et vous délivre de vous même. Vous n’avez qu’un choix : lui obéir ! Impitoyable, elle n’acceptera aucune fausse excuse, inlassable elle suit ses élèves pas à pas jusqu’à la fin de leur renaissance.

Bon, évidement, il s’agit d’un show au gout forcément douteux et je préfèrerais qu’on passe plus de temps dans la salle de gym qu’à suivre la dramatique pesée hebdomadaire - et Jillian est assez d’accord avec moi parce qu’elle a toujours l’air de passer son temps à essayer de s’empêcher de bailler pendant le lent et pénible rituel de fin d’émission - mais ce qui m'intéresse dans tout ça, en fait, c’est ce léger décalage par rapport à la bouillie de clichés sur les genres qu’on nous sert d’habitude à la télé qui s’infiltre de façon incidieuse dans l'émission.

Dans le Ranch pas de différence entre les filles et les garçons : tout le monde sous les haltères et pas la peine d’essayer de faire croire à Jillian que les filles elles font pas les pompes comme les garçons... Je n’ai jamais entendu “soulève cette altère si t’es un homme” ou aucune bêtise de ce genre. Personne n’a jamais imaginé que les garçons allaient aller de ce coté du gymnase pour faire un jeu de guerriers pendant que les filles de l’autre coté allait s’étirer ou faire du pilate. Au Ranch tout le monde fait du foot et tout le monde essaye le yoga : et ça marche ! Et à mon avis, le fait que les deux entraineurs soient homo n’est pas étranger à cet état de fait. On savait déjà que les homos pouvaient vous organiser des relookages complets, vous redécorer votre maison, vous apprendre à faire la cuisine, il semble clair qu’ils peuvent aussi vous faire perdre du poids ! Et pour une fois les lesbiennes ne sont pas à la traine puisque c’est presque toujours un des élèves de Jillian qui gagne...

Ma théorie c’est que Bob et Jillian savent de quoi ils parlent quand il affrontent l’angoisse de grandir avec une mauvaise image de soi, la perte de confiance. Ils apportent leur capacité à survivre, à s’affirmer en se recréant tel qu’on veut être et non tel que le consensus extérieur cherche à nous construire nous condamnant en même temps à l’échec face à un idéal de perfection nécessairement imaginaire. Au ranch tout le monde travaille au même but : aller mieux. Alors certains sont plus forts, d’autres plus résistants, d’autres ont un mental de tueur, d’autres enfin sont gâtés par leur métabolisme, les hommes comme les femmes peuvent entrer dans chacune de ses catégories. Chacun trouve son point fort et choisit de se reconstruire autour d’une nouvelle identité qui en tire partie.

Évidement loin de moi l’idée de suggérer que le visionnage du Biggest Loser serait l'équivalent d’un cours de Gender studies. Je n’aurai pas la mauvaise foi d’affirmer que je ne regarde que pour compléter mes lectures de Judith Butler. Mais dans un monde qui ne se construit toujours qu’autour de deux pôles d’attraction face à une population humaine culturellement et biologiquement plus diverse, chaque écart compte.