La Fox diffusera le 13 Février le premier épisode de Dollhouse la nouvelle série du créateur de Buffy. Comme star il a choisi la mémorable Eliza Dushku. Autant dire qu'après six ans d'attente la barre est placée haut.Contrairement à ce que pourrait laisser sous entendre un précédent article, toutes les actrices ne vous accompagnent pas hors des sentiers battus à la découverte de nouveaux film

s obscures mais intéressants, loin de là... Certaines, au contraire, vous contraignent à visionner péniblement navet après navet avec le maigre espoir qu’un jour enfin leur carrière va prendre un tour plus réjouissant. Et tel le Junky à la recherche des splendeurs de son premier trip, vous voilà en train de télécharger des sous produits qui ne vous amèneront que de cruelles déceptions. Elisa Dushku appartient... Définitivement, à la seconde catégorie. Le souvenir du douloureux visionnage de
Soul Survivor et du pénible
Wrong Turn que ne rachetait qu’un débardeur blanc, aurait dû m’empêcher d'espérer quoi que ce soit de
The Alphabet Killer mais... Et ne nous attardons pas sur la lourdement répétitive agonie de
Tru Calling. Le seul film à s’en sortir dans la catégorie tellement-mauvais-que-ça-en-devient-bon : Bring it on, cultisime dans certains milieux ! Cependant, quelque chose m’empêche encore de croire qu’Eliza Dushku et son talent particulier ne soient pas sortis indemnes de toutes ces catastrophes.
C’est que les choses avaient bien commencées. Pour moi Eliza restera la Faith de Buffy, la touchante adolescente qu’un cruel destin condamna à n’être jamais qu’un ersatz de la blonde qui emmenait le show. Impressionnée par son ainée, cherchant désespérément à lui plaire, Faith explorait les allées sombres du pouvoir dont elle se trouvait investie. Qui n’aurait pas perdu les pédales en s’apercevant que Miss tueuse de vampire, la solaire héroïne de Sunnydale, se découvrait tentée de la suivre sur la voie de la rébellion ? Faith en faisait trop et dépassait les limites mais franchement, est-ce qu’il ne faut pas s’attendre à quelques dérapages quand on donne à une jeune fille de 15 ans le pouvoir, et même le devoir, de tuer ? En un instant abandonnée de tous, Faith avait définitivement choisis le coté obscure mais pour des raisons qu’on pouvait comprendre, sinon excuser. Le plus touchant, pour moi, demeurant cette obsession pour Buffy dont elle n’arrivait jamais à se libérer et qui ne la conduisait inévitablement qu’à se détester elle-même à chaque fois un peu plus. Faith en venait à chercher à se détruire, pire encore à ne rien désirer d’autre que d'être enfin achevée par Buffy elle-même, faute de pouvoir espérer mieux. Joss Whedon n’aime rien de mieux que de nous raconter des histoire de rédemption car seuls ceux qui ont connu la nuit peuvent comprendre la lumière. Avec Dushku il avait trouvé une actrice capable de nous montrer toutes les ambigüités du processus, comment l’amour et la haine peuvent cohabiter dans un même geste, comment la soif d’indépendance et le désir d’être aimée se mélangent dans un même processus. A la fin, Faith avait gagné le droit d’être là, aux cotés de Buffy lors de l'ultime bataille et démontrait ainsi sa fidélité et sa vraie valeur. On avait alors parlé d'un spin of dont elle serait l'héroïne mais le projet était tombé à l'eau.

Vous l’aurez compris, Faith tient une place d'honneur dans le panthéon de mes personnages de série préférés. Vous imaginerez donc mon excitation en apprenant qu’Eliza Dushku serait enfin l'héroïne de Joss Whedon dans sa nouvelle série : “Dollhouse”. Elle y joue Echo, un des agents d’une société privée clandestine qui vous procure ce dont vous avez toujours rêvé, si vous êtes dangereusement egomaniaque ou si vous devez déjouer un complot international, un être humain dont on a effacé la mémoire pour mieux y implanter les qualités nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Après chaque opération, les locataires de “la maison de poupée” subissent une remise à zéro et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’au jour où Echo commence à s’apercevoir que quelque chose en elle résiste aux répétitifs lavages de cerveau...
Est-ce que l’heure des retrouvailles est enfin arrivée ? Je l’espère car Whedon est un génie et Dushku excelle quand elle joue les personnages intérieurement torturés mais je ne peux m’empêcher de douter. Malheureusement, Whedon est toujours sous contrat avec la Fox coupable d’avoir sacrifié
Firefly. Joss a déjà été obligé de modifier son pilot, on peut donc se demander si la chaine qui produit l’ignoble
24 et se permet de censurer House, l’autorisera à exprimer son talent. Quoi qu’il en soit, je pense que vous vous doutez déjà que je serai derrière mon écran le 14 février. Franchement je ne vois pas quel meilleur rendez-vous espérer pour la saint Valentin !
http://www.fox.com/dollhouse/